mercredi 18 octobre 2017

le fauteuil / historioles 2




Il est tombé en voulant chercher un bout de chocolat sur les étagères il est tombé du fauteuil est resté deux heures par terre avant que l'aide à domicile n'arrive pour préparer le repas du soir rester ainsi sur le carreau et nulle autre issue que de s'échapper en gambadant dans sa tête en imaginant des choses qui n'ont jamais été vivre ainsi dans l'encadrure de la fenêtre où tombe le soleil dans la cuisine tout ça pour un chocolat cela en valait-il vraiment la peine a-t-il dit il ne cesse d'écrire encore et encore et d'envoyer cela à ses undisclosed-recipients certains lui répondent d'autres restent silencieux gênés parfois de ses confidences mais de ses pérégrinations en fauteuil dans la ville le soir venu il prend de si belles photos que tous restent interloqués de le voir revisiter ainsi leur quotidien tram devantures rues en pentes château ah oui sans mots dire sans mots de la fin non il attend tous les jours trois fois par jour qu'on lui vienne en aide il attend de ne plus tomber en ses moments de solitude l'angoisse l'entraîne parfois comme en un courant et il n'arrive à s'en extraire il aimerait tant observer tout cela du rivage mais c'est plus fort que lui alors il écrit il écrit oubliant les feuilles du pommier à la semaine prochaine m'a-t-il dit en traversant la voie du tram j'ai pensé à lui





lundi 16 octobre 2017

historioles







Je veux donner mon corps à la science donner mon cœur mes poumons mes reins que ce corps serve à quelque chose je n'en veux plus de mon corps je voudrais que la science en fasse autre chose que ce que la nature m'a donné son accent déterminé disait l'intensité de sa tristesse désespoir d'un handicap passée la colère à trébucher depuis des années sur les mots de la langue courante que dire face à son désarroi le destin peut-il infléchir à ce point un parcours de vie accepter est-il un mot si immense si inaccessible telle la montagne de la vie accepter d'entendre sa douleur serait-ce déjà le début du chemin accepter ses doux yeux d'enfant tranquille accepter sa générosité accepter sa vivacité et ses rires serait-ce par ce biais là aussi que pourrait se faire le chemin de l'acceptation accepter n'est-ce pas seulement accepter le désastre mais aussi les si petits bonheurs du jour et sa voix intérieure qui disait aussi la société me laissera-t-elle à la rue comment vais-je vivre me nourrir me loger la question laisse sans voix et bien démuni pour qui veut l'entendre c'était sur le banc de la vie qui regarde passer les promeneurs du jour éclopés handicapés désespérés tous solidaires de ce manque qui fait gîter la vie tempêtes permanentes avec ces quelques mots dans la poche j'ai repensé à ce doux poème d'automne
l'eau du bain
où la jeter
le chant des insectes
minuscule travail de fourmi que ce travail Pénélope des mots emmêlés il s'y s'accroche l'espérance mais où donc as-tu mis le couvert
la cloche du soir
et le bruit des kakis mûrs du temple
qui tombent
peut-être en ce réservoir de l'or d'automne venu se loger dans l'instant mais suffiras-tu à apaiser le bruit de la pluie qui goutte sur le rebord de la fenêtre






dimanche 15 octobre 2017

matins kakis









le calme discret des kakis
absorbe le soleil 
au plus profond (Fura )

or du matin
se balançant au vent
voix d'automne
 
dites leur bien
que j'étais un mangeur de kakis 
aimant les haikus ( Shiki)

des feuilles encore des feuilles
toutes multicolores
ai posé ma tête

trois mille 
haikus épluchés
des kakis deux seulement ( Shiki) 

bonheur d'un ciel vide
sans feuilles aucune
me dénude l'âme


samedi 14 octobre 2017

heures bleues




Paru le 1er octobre 2017 sur le site " Les cosaques des frontières "
Un  grand merci à Jan Doets

vendredi 13 octobre 2017

oreiller d'automne





l'automne vient
le chiot qui ne le sait pas
est un bouddha ( issa)

un cri d'oiseau
dans la pluie fraîche
éternel matin

au fond de la brume
le bruit de l'eau
je pars à sa rencontre ( hôsai )

tout près de l'herbe
la nasse pleine
de carpes frétillantes

automne en montagne
tant d'étoiles
tant d'ancêtres lointains ( Setsuko )

la nuit doucement
derrière les arbres
et son oreiller de nuages


jeudi 12 octobre 2017

petits riens sans conséquences


L'escargot
une corne courte l'autre longue
qu'est-ce donc qui le trouble ? ( Buson )

Un bruit que l'on ne reconnait
poules d'eau
ou hérons cendrés ?

Dans les jeunes herbes
le vieux saule
oublie ses racines ( Buson)

En marge du jour
amitiés
pour petites choses

Feuille morte au vent
de temps en temps
le chat la retient de sa patte ( Issa) 

Aimerais ses griffes
pour retenir
le vent du soir




dimanche 8 octobre 2017

" chemins humides "














Chacun appelle idées claires
celles qui sont dans le même degré de confusion
que les siennes propres




Pas de vagues en dehors de l'eau
fracas de mémoires froides
c'est une confusion familière
où dérive dérive
tout le sel de l'impermanence
















On  dit que le koan est un énoncé paradoxal à méditer qui ne se résout pas par la logique qu'est-ce donc qui pourrait lui venir en échos et non en réponses je me suis amusée à en imaginer à partir de petits riens d'automne vus d'en bas

vendredi 6 octobre 2017

or d'automne






c'est un bananier égaré en ses éclats d'automne feuilles fraîches refuge d'abeilles il s'y déchire  lumières et nuits ce n'est la faute ni des mouettes ni des nuages ni de personne oh de personne a dit le vent passent les saisons mais reste l'instant le seul instant l'unique instant l'un après l'autre éternité pas à pas ombres d'or glacis de fruits












mercredi 4 octobre 2017

Vues d'en bas 3 la montagne parfois








Si tu parviens au sommet de la montagne continue de monter 

Le vent le vent
tempête pourtant
nuages toujours

Montagne au loin
où la chaleur du jour
s'en est allée ( Ryokan )



Pourtant pourtant
 chaleur en jambes
où donc est la montagne

Une illusion
peut-elle
exister ?

Sous mes pieds
le sentier et ses ornières
soleil  pourtant ombres toujours









On  dit que le koan est un énoncé paradoxal à méditer qui ne se résout pas par la logique qu'est-ce donc qui pourrait lui venir en échos et non en réponses je me suis amusée à en imaginer à partir de petits riens d'automne vus d'en bas

mardi 3 octobre 2017

Vues d'en bas 2











La fraîcheur
j'en fais ma demeure 
et m'assoupis ( Basho)


Bruit dans l'eau
un ragondin
peut-être

Le voleur m'a tout emporté
sauf la lune
qui est à ma fenêtre (Ryokan)


De l'herbe encore de l'herbe
hirsute
dans le jardin de ma main