dimanche 26 mars 2017

"Peigne du vent"







C'est en regardant l'écume brossée par le vent que j'ai observé ces myriades de gouttes d'eau, en leur trajet de souffle peigné, tout le long des vagues folles. Te faire miroir du monde as-tu dit, petite goutte d'eau, ponctuant ainsi le parcours de ta vie, éclaboussant la roche, feutrant le monde de la fraîcheur iodée de la mer, forte et pourtant si amicale. Tu as humé l'algue rousse en son histoire frissons, tu t'es promenée encore et encore, c'était le long de l'océan, sculpté de tempêtes. La vie s'ébouriffe, s'étiole et ponctue ses phrases contre le roc dur des saisons. Ecoute. L'oubli du vent.


1. "Le peigne du vent " Sculpture d'Eduardo Chilida.

dimanche 22 janvier 2017




Poème muet ou images parlantes, ils ont déclaré dans leur chute torrent, méfiez vous des mots et de leurs nasses de monde. Soupeser un mot, rentrer en une goutte d'eau, serait-ce le monde enfin, instant ténu à sa naissance ?


jeudi 19 janvier 2017

Méditation 2





c'est un monde ; levé à l'ombre ; des encres folles ; fomentant entre les pierres ; et ne trouvant ; leurs chemins de mots ; de formes ou de sons ; écouter, écouter ; encore et encore ; et entendre bruire ; dans les remous courant ; leurs hallucinations véridiques ; matière, nature ;  échos passage ;

lundi 16 janvier 2017

méditation










Dans le silence des mots, s'est levée cette tectonique matière, souvenir de ses flux montagne,  traversée puissante, courant, océan, cycles maritimes, une vie pour tenter de le saisir peut-être dans le silence des mots, laisser monter sa mémoire.




samedi 14 janvier 2017






Elle était si minutieuse, elle m'avait montré ses réalisations. Fleurs corolles, multicolores, inaccessibles inconnues que seul son regard a imaginées et revisite encore.  Elle m'a dit qu'elle voulait de toujours faire ce métier qui n'existe plus. Des têtes qui n'existent plus ont alors surgi de ses doigts agiles. Elles étaient insignifiances, merveilles, échappées du temps, fleurissant le bord du chemin. Malgré le temps, malgré le temps.


dimanche 8 janvier 2017

Frissons de choses










Cages d'amour, c'est ainsi qu'on vous appelle,
Points, trous, nervures,
Frissons de choses,
Lanternes froissées,
Murmures déchirures
En vibrations
En corps
























vendredi 6 janvier 2017

Rencontres



« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…
Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »



Bienvenue à  Marlen Sauvage que j'ai rencontrée "virtuellement" sur son blog http://les-ateliers-du-deluge.com/author/lesateliersdudeluge/  mais aussi sur le site "le cosaque des frontières " https://t.co/p3g8YsUdxO  . Marlen a été journaliste et anime des ateliers d'écriture depuis 15 ans dans les Cévennes.


J'ai eu grand plaisir à réaliser cet échange sur le thème de la rencontre avec elle. Rencontre au pied levé, rencontre légère, rencontre d'écriture, rencontre virtuelle, rencontre fictive donc, mais qui dit que ce que touchent ces rencontres,  ne gite pas dans l'intime du regard ? C'est donc sur une photo de Marlen, chemin de neige, que la proposition " rencontre"  a fait lancer cet échange de mots " haikus", écho aux anciens jeux de distiques mais aussi aux messages brefs de notre modernité qui fleurissent  dans les tweets.

Rencontres ... où nous avons fait alterner nos mots, venus de cette petite contrainte d'écriture avec la neige de janvier 2016 venue du Canada, lors d'un voyage de Marlen.



 

H : Chemin flocons
Oiseau alerte
Aimerais tes ailes

M : Vers  le ciel regarde ! ~
Parmi les larmes de glace
Tu voles déjà

H : Entre calme et silence
Sillons dans la neige
Où vas-tu donc ?

M : Le sait-on jamais ? ~
A ta rencontre sans doute
Tous mes os me portent

H : Arbres si lourds
Silence si blanc
Attentif au vent

M : Le chant de l’hiver
Dans les branches cabriole ~
Murmure ton nom
  
H : Froidure brisure
De mots cristal
Au bout du chemin peut-être...







jeudi 5 janvier 2017

Reprise







Tout est passé. Au fil de la parole. En ces mots poussière de temps. Tous carbone devenus. Eux aussi. Mémoires, mémoires déposées là. Le corps n'est pas seulement cette barque où l'on s’assoit. Il est aussi cette torche qui brandit la flamme. L'un consumant l'autre. Que ce fauteuil a recueilli depuis si longtemps. Et l'oubli les a emportés dans le vent des passions enterrées. Il m'a dit en voyant le chien si affectueux.

" oh il va bientôt monter sur le divan avec moi !"
"qu'est-ce qu'il a du en entendre au fil du temps !"
Nous avons souri tous ensemble et le chien aussi. Qui a donc dit que les chiens ne parlent ni ne sourient  ?




mercredi 4 janvier 2017

800 voeux de bonne année






800 vœux de bonne année

De  Jan Doets

Étiquettes

Chers lecteurs,
En ce jour du 800e article paraissant sur ce blog, le Cosaque vous souhaite une très belle année 2017. Un vœu ambigu dans un monde qui devient de plus en plus immonde? Ça dépend du point de vue.
Immonde oui, quand on regarde la situation politique sur tous les continents, la haine entre les extrémistes des religions, l’absurdité du grand argent, du chômage. Immonde aussi, quand on reçoit la nouvelle de la terrible maladie d’une chère amie.
Quand on pense à ces étendues de plastique qui flottent sur les océans et d’autres vilénies. Aujourd’hui, il est très difficile de rester optimiste. C’est comme si on revivait les années 1930 mais en pire. Le monde court à perdre haleine dans la fausse direction. On a perdu la tête.
Il ne nous reste que de petites choses pour nous rendre heureux. Le sourire d’une amie, la compréhension entre nous tous.
Être heureux avec l’écriture, les mots écrits, spécialement les mots de tant de vrais artistes qui n’arrivent que rarement ou pas du tout à être publiés par des éditeurs sur papier, ceux-ci étant trop souvent devenus des loups pécunivores, déclarant des texte sublimes mais au rapport financier improbable comme hors de ligne éditoriale.
L’écriture. En août 2013 j’ai commencé ce blog, Les Cosaques des frontières, refuge pour les dépaysés pour offrir un lieu commun aux individus pour qui les mots sont de « buées »de sauvetage. Cet article est le 800e. Sans compter la centaine d’articles enlevés du blog après leur parution sous forme de livre électronique aux Éditions QazaQ , mon initiative de juin 2015, et dont le catalogue compte 38 livres maintenant. Chaque mois, le blog des Cosaques des frontières est lu par quelque 500 lecteurs qui reviennent plusieurs fois par mois, dont 183 abonnés. Lecteurs en 40 pays dont la plupart vivent en France et aux États-Unis. 
De petites choses peut-être mais plutôt réussies et douces dans ce monde si misérable, n’est-ce pas ?
Recevez mes amis les bons vœux de Jan Doets.



Bonne année Jan ! 






mardi 3 janvier 2017

Mnémose




 




Variations autour des 36 vues du Mont Fuji, Hokusai





Mnémose

" Nos rencontres ont un parfum d'éternité, dit-il en prenant place dans le fauteuil. Il semble détendu, léger embonpoint, grisonnant à ses débuts. Il est à l'heure voire un peu en avance. Disparu le petit retard habituel. Imperceptibles indices que je ne lui connaissais pas. Combien d'années déjà, nous ne saurions dire, ni lui ni moi. Il s'installe, en habitué des lieux. Et raconte un rêve comme si de rien n'était. Tout frais encore, venu de la solitude d'un soir de Noël, qui soupesait le temps en sa sablière d'années. Etait-il revenu pour cela ? Voici donc cet étrange récit, troué de blancs, de tant de blancs. Qui parlait, qui entendait, qui voyait ? Il était bribes d'histoires, en suspens d'auteur, aux mouvements improbablement familiers...."

suite sur 


Sur le site du Cosaque des frontières